Votre épargne-retraite est-elle vraiment protégée?

Votre épargne-retraite est-elle vraiment protégée?

Alors que nous sommes témoins d’une débandade financière mondiale et que les cours boursiers fluctuent sans retenue de jour en jour, une question que nous avons tous en tête est la suivante : « Quelles en seront les répercussions sur les caisses de retraite et autres sources d’épargne-retraite? »

Si je souscris un régime de retraite, ce dernier sera-t-il affecté par la chute des marchés boursiers? Qu’arrive-t-il à mes fonds investis dans un REER ou d’autres fonds d’épargne? Devrais-je sortir mes fonds et les réinvestir ailleurs? Comment ma retraite sera-t-elle touchée?

La sécurité de votre revenu de retraite dépend en très grande mesure de sa provenance.

Les prestations gouvernementales représentent la source de revenu de retraite la plus sûre : la Sécurité de la vieillesse, qui verse quelque 500 $ par mois à pratiquement tous les Canadiens âgés de 65 ans ou plus, le Régime de pensions du Canada et le Régime de rentes du Québec (RPC/RRQ), dont les prestations sont versées à partir de l’âge de 60 ans en fonction des contributions d’emploi, ainsi que le Supplément de revenu garanti versé aux aînés à faible revenu.

En dépit de toutes les attaques livrées par les privatiseurs de droite contre les régimes publics, la crise qui sévit actuellement démontre que les prestations gouvernementales représentent la source de revenu de retraite la plus sûre. Même les plus grandes institutions financières privées de la planète dépendent du soutien et des fonds d’urgence consentis par les gouvernements. Alors que le RPC et le RRQ investissent une partie de leurs fonds dans le marché boursier, ils sont structurés de sorte à pouvoir survivre aux tempêtes boursières sans encaisser de lourdes pertes.

Les instruments de placement protégés par les gouvernements représentent la deuxième source de revenu de retraite la plus sûre.

Si vos épargnes (REER ou hors REER) sont investies dans des comptes ou des certificats garantis de banques canadiennes à charte ou d’autres établissements couverts par la Société d’assurance-dépôts du Canada, jusqu’à 100 000 $ par établissement sont assurés pleinement par le gouvernement fédéral. Ces placements ne produisent généralement pas des rendements élevés, mais ils ont au moins le mérite d’être sûrs.

Si vous souscrivez un régime de retraite à prestations déterminées (au Canada, ce sont principalement des syndiqués qui ont accès à de tels plans), les fonds qu’ils détiennent sont habituellement investis dans des actions et des obligations et sont vulnérables aux fluctuations des marchés boursiers et obligataires.

Les régimes à prestations déterminées offrent une certaine protection en répartissant le risque entre les promoteurs et les cotisants. Si les placements produisent de piètres rendements, il est possible que les cotisations doivent être majorées (celles de l’employeur ou celles de l’employeur et des participants, selon le régime), mais les prestations promises seront habituellement maintenues. Les régimes à prestations déterminées résistent mieux aux crises des marchés que peuvent des investisseurs individuels. De plus, ils sont généralement plus diversifiés pour offrir des rendements plus avantageux, avec moins de risques et à coût moindre, que les placements d’investisseurs individuels.

Les investisseurs les plus vulnérables sont ceux qui investissent directement dans les marchés, des REER, des fonds communs de placement et des régimes de retraite à cotisations déterminées, si les fonds ont été investis dans des instruments non assurés dans l’espoir de toucher des rendements plus élevés. Le cas échéant, les investisseurs assument eux-mêmes tous les risques. Lorsque les marchés sont instables, ces investisseurs se heurtent à des choix difficiles : on vend, on achète ou on prie.

Un autre inconvénient d’être un petit investisseur est que les frais exigés des particuliers par les fonds communs de placement au Canada sont parmi les plus élevés de l’Occident. Lorsque vous devez payer 2 % ou plus en frais chaque année (bonne ou mauvaise), vous risquez de sacrifier le tiers du rendement à long terme de votre épargne-retraite. En règle générale, les caisses de retraite paient des frais beaucoup moins élevés (habituellement moins de 0,25 %, selon leur envergure).

Nous avons besoin de règles plus contraignantes et de plus de transparence en matière de frais d’investissement dans ce pays. Maintenant que la saison des REER approche, assurez-vous de bien connaître les frais et les risques que vous courrez avant de placer vos épargnes.

Quant aux régimes de retraite à prestations déterminées, des mesures pourraient être prises pour les rendre encore plus sûrs. Toutes les compétences devraient exiger que les employeurs couvrent les prestations non provisionnées au moment de la résiliation du régime (comme c’est déjà le cas en Ontario et au Québec, par exemple). Seul l’Ontario dispose d’un Fonds de garantie des prestations de retraite qui couvre les prestations en cas d’insolvabilité d’un employeur. Cette mesure doit être appliquée à la grandeur du Canada.

Nous devons resserrer la réglementation des institutions financières, au Canada et à l’échelle internationale, pour éliminer le capitalisme sauvage responsable de l’actuel gâchis financier. Nous devons retourner à une réglementation plus contraignante des placements effectués par les caisses de retraite pour assurer qu’elles ne sont pas plongées dans des entreprises arcanes et opaques à risque élevé.

Le climat économique difficile actuel soulève un grand nombre d’inquiétudes relativement à votre emploi, peut-être même à la valeur de votre maison. Votre niveau d’inquiétude quant à votre épargne-retraite variera donc selon les instruments de placement que vous préconisez.

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