Les syndicats indonésiens mobilisés sur les salaires minimums, les licenciements et la législation du travail

Les principales centrales syndicales indonésiennes KSBSI, KSPI et KSPSI ont donné le coup d’envoi d’une campagne nationale sur les salaires minimums et la législation du travail, avec une manifestation qui a rassemblé 25.000 travailleurs à Jakarta.

Les syndicats réclament une augmentation de 25% du salaire minimum en 2016 et ont rejeté une proposition du gouvernement visant à ce que les ajustements du salaire minimum se basent sur un calcul automatique, en dehors de toute négociation. Face à l’inflation galopante, beaucoup de travailleurs en Indonésie n’arrivent plus à joindre les deux bouts et alors que des dizaines de milliers d’emplois ont déjà été perdus cette année, les syndicats demandent aussi au gouvernement d’intervenir pour garantir la sécurité de l’emploi.
 
Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré : « Devant la pression économique énorme qu’affrontent les travailleurs en Indonésie et la menace croissante qui pèse sur leurs emplois, le gouvernement se doit de garantir un salaire minimum vital et d’intervenir pour mettre un terme aux pertes d’emplois accablantes qui plongent les familles dans la misère. Il incombe au gouvernement de tenir tête aux investisseurs étrangers qui cherchent à tirer parti de la baisse du cours de la rupiah comme prétexte pour maintenir les salaires à des niveaux inacceptables, procéder à des licenciements en masse et atrophier une législation du travail déjà faible. Les syndicats ont des propositions concrètes et constructives qui contribueraient à restaurer la stabilité économique et sur lesquelles le gouvernement doit être prêt à engager des négociations avec les syndicats. »
 
Les centrales syndicales mènent également une campagne conjointe pour la protection des travailleurs domestiques et migrants à travers la ratification des Conventions de l’OIT et contre la pénalisation des travailleurs et dirigeants syndicaux pour leur participation à des actions collectives légitimes.