Alors que les tensions commerciales mondiales s’intensifient et que l’incertitude économique s’accentue, le mouvement syndical canadien presse le gouvernement fédéral de changer de cap en matière de politique commerciale et de placer les travailleuses et travailleurs au cœur des décisions économiques.
Des dirigeantes et dirigeants syndicaux des secteurs privé et public se sont réunis à Ottawa cette semaine pour discuter de l’avenir de la stratégie commerciale du Canada. Ils ont averti que des décennies de décisions prises loin du regard du public ont fait payer le prix aux travailleuses et travailleurs, aux familles et aux collectivités. Les pertes d’emplois, l’affaiblissement des industries nationales et le sous-financement des services publics, ont-ils souligné, sont le résultat de politiques qui ont favorisé les intérêts des entreprises au détriment des personnes.
La discussion a réuni des dirigeantes et dirigeants du syndicat de l’IAM, aux côtés de responsables du Congrès du travail du Canada, d’Unifor, du Syndicat canadien de la fonction publique, du Syndicat des Métallos et de l’Alliance de la Fonction publique du Canada. Malgré la diversité des secteurs représentés, les intervenants ont livré un message commun : le Canada a besoin d’une stratégie économique axée sur les travailleuses et travailleurs, qui protège les bons emplois, renforce l’industrie nationale et respecte les droits de la personne.
S’adressant à l’auditoire, David Chartrand, vice-président général canadien du syndicat de l’IAM au Canada, a affirmé que le Canada est poussé vers un faux choix entre l’instabilité commerciale et l’exploitation.
« On nous dit qu’il n’y a que deux options : soit accepter le chaos commercial et les guerres tarifaires à la Trump, soit poursuivre une production à bas coût en renforçant nos liens avec des pays qui ont recours au travail forcé et à une surcapacité subventionnée par l’État », a-t-il déclaré.
Il a souligné que des secteurs comme l’aérospatiale, la fabrication, l’énergie et les services publics ne sont pas de simples moteurs économiques, mais des actifs stratégiques nationaux qui doivent être protégés.
« On ne bâtit pas une économie forte en excluant les travailleuses et travailleurs », a ajouté Chartrand.
La présidente du Congrès du travail du Canada, Bea Bruske, a renforcé ce message, rappelant les conséquences à long terme des politiques commerciales passées. Elle a noté que les promesses de prospérité faites dans les années 1990 ne se sont jamais concrétisées pour les travailleuses et travailleurs, menant plutôt à des fermetures d’usines, à la précarité de l’emploi et à l’appauvrissement des collectivités.
Bruske a mis en garde contre la signature de nouveaux accords commerciaux sans plans nationaux clairs ni garanties d’emplois exécutoires, affirmant que cela risquait de répéter les mêmes erreurs. Elle a insisté sur le fait que le Canada doit être prêt à se retirer d’un mauvais accord commercial et à s’assurer que les syndicats et les travailleuses et travailleurs soient impliqués dès le départ.
Tout au long de la discussion, les leaders syndicaux ont réclamé une plus grande transparence dans les négociations commerciales, des normes du travail exécutoires et des investissements publics assortis de véritables garanties d’emplois. Ils ont soutenu que le commerce doit être un outil pour bâtir l’industrie canadienne et des services publics solides, et non une fin en soi.
Le message du mouvement syndical était clair et unanime : l’avenir économique du Canada doit être construit avec les travailleuses et travailleurs à la table, et non après que les décisions ont déjà été prises.

